ASTUCES - CONSEILS ...

Quand Amour rime avec toujours

 

On ne résiste plus à la tentation... d'être en couple ! Voici les règles d'or pour lutter contre le compte à rebours de la maladie d'amour.

1) L'optimisme: C'est le goût du bonheur mêlé à l'art d'être positive. Il s'agit donc d'un choix et d'une volonté d'être heureuse et de tout faire pour réussir sa vie de couple. Pour cela, il suffit, d'y croire et de s'engager tout en ayant confiance en soi et en l'autre. Tout en essayant déjà d'être heureuse par soi-même sans attendre que l'autre comble vos manques.

2) La communication: C'est d'abord se connaître soi-même et apprendre à connaître l'autre avec ses qualités et défauts. A partir de là, il est essentiel d'échanger sur l'équilibre de vie, les besoins, attentes et limites de chacun. Il s'agit d'être à l'écoute de l'autre et d'exprimer ensemble ses ressentis et insatisfaction ou demandes. Tempérer, voire éviter reproches, crises et conflits permet de négocier dans le calme lors de scènes de ménage. L'objectif étant de repérer les signes précurseurs d'une dispute, de comprendre l'autre et d'aller vers un dialogue de plus en plus vrai. Surmonter les difficultés pour mieux se réconcilier.. sur l'oreiller et faire évoluer l'amour partagé en toute liberté!

3) La séduction: c'est garder une part de mystère, d'humour, d'enthousiasme et d'émerveillement pour l'autre. Voire un vrai grain de folie! Place à la surprise, à l'étonnement, au défi, à la nouveauté et à la créativité. Pour cela, il est important de mettre en place puis de garder de petits rituels, pour se regarder toujours avec un œil neuf et susciter intérêt et admiration. Car l'usure des désirs vient très souvent d'une perte d'énergie. A vous de développer vos passions favorites, de surprendre l'autre et d'oser dire vos désirs pour cultiver une sexualité épanouie. Faire le pari d'une fidélité choisie et sans cesse renouvelée, voilà une bonne façon de stimuler et de réinventer son couple chaque jour!

4) L'évolution: C'est d'accomplir, réaliser ses propres désirs et réussir dans sa vie. Cette évolution est nécessaire pour faire naître l'amour, estime et séduction, et développer l'intimité. C'est aussi le moyen de permettre à l'autre de croire en ses rêves, de l'encourager, le soutenir et de le valoriser. C'est enfin l'accompagner pour mieux progresser dans la construction de la vie à deux, source d'épanouissement commun. Mais inutile de se sacrifier pour le couple en prise à des divergences d'évolution. En cas de mésentente, seule compte la capacité à se remettre en question pour mieux gérer et surmonter les crises et faire bouger la vie à deux.

5) L'autonomie: c'est trouver la bonne distance, puis le juste équilibre entre sa propre liberté et celle de l'autre. Autrement dit garder un espace bien à soi, cultiver son jardin secret avec ses activités et accepter celui de l'autre. Histoire d'apprendre à bien vivre nos différences. Mais gare au couple fusionnel qui s'enferme: il est voué à la tristesse. Même si on ne fait plus qu'un, on est définitivement deux et non pas la moitié de l'autre. Attention aussi à toute tentation de s'échapper dans une vie parallèle ( infidélité ). A chacun de s'adapter à l'autre dans cette grande aventure qu'est la vie de couple sans jamais s'oublier soi-même.

6) L'intimité: C'est prendre le temps de partager un peu de ses expériences, ses projets avec l'autre, voire d'aller plus loin ( ex: sur le plan sexuel ). C'est-à-dire faire exister la relation dans tout ce qu'elle à d'agréable. Pour cela, il suffit de lutter contre les détourneurs d'attention: télévision, ordinateur... et prendre de la hauteur. C'est mobiliser son énergie et se mettre en perspective en tissant des projets en commun pour voir toujours plus loin. Faire aussi preuve de solidarité avec l'autre permet de faire face et résoudre ensemble les difficultés et problèmes de l'extérieur. Ce qui est un bon moyen de faire avancer le couple.

7) Souplesse et vigilance: C'est rester tolérant. Autrement dit respecter l'autre, apprendre à relativiser et accepter les désagréments pour donner à la relation la priorité. Attention aux remarques ou paroles blessantes ou dévalorisantes. Prendre un peu de distance et avoir de l'humour sont une bonne manière de résister aux crises. Il s'agit parfois de ne pas rester sur ses positions, de lâcher prise, de se laisser influencer, quitte à entrer dans le jeu de l'autre pour mieux le comprendre. Car on n'a pas toujours raison. Pour cela, il vous faut rester en éveil. A vous d'aller vers l'autre, de traquer silences et malentendus et donc d'être attentive au moindre signe de contrariété afin de ne pas le laisser s'éloigner. En acceptant les différences, on gagne une part d'humanité et on prendra même direction. Car avec le temps, on se bonifie l'un l'autre.


Voilà les sept clés de la réussite. Bonne chance...

Source : Magazine féminin

 


« Un couple dure ...

                  ...s’il a une cathédrale à construire »

 

Le psychiatre Boris Cyrulnik a popularisé la théorie de la résilience, ce processus de résistance et de réparation des blessures.

 

Dans son livre

 "Parler d’amour au bord du gouffre",

il aborde la question du couple.

Conversation libre sur la mutation de la famille, les adolescents « largués », la crise de la paternité, les « conjugaisons affectives » et le secret du bonheur conjugal.


 

Que signifie le titre énigmatique de votre dernier livre : Parler d’amour au bord du gouffre ? 


La couverture représente un couple juché sur un rocher. Cela ressemble à un test psychologique : 10 % des gens y voient un couple qui va tomber, et 90 % y voient un couple de rescapés qui vient d’émerger de l’abîme. C’est ce que je veux dire dans ce livre : l’amour peut guérir ! Le couple peut panser les blessures d’enfance de l’un des conjoints. Contrairement à ce que professent certains prophètes de malheur, nous ne sommes pas condamnés à reproduire avec notre partenaire les souffrances que nous avons subies, par exemple à trouver un mari violent ou alcoolique quand on a eu un père violent ou alcoolique.


C’est ce que vous appelez la résilience, appliquée aux couples ?

En effet. La résilience est un terme de physique qui définit la résistance au choc des matériaux. Appliquée aux humains, c’est la capacité que nous avons à surmonter les traumatismes les plus graves et même d’en faire une force. Un peu comme l’huître qui fait une perle du grain de sable.


Ne sommes-nous pas tous des éclopés de la vie et donc des résilients ?

Non. Même si nous avons tous des comptes à régler avec notre passé et certaines blessures à cicatriser, nous ne sommes pas tous victimes d’inceste, de torture ou d’attentat.

Dans le traumatisme, on est déchiré, hébété. Le choc est tel qu’on est anesthésié, comme ces personnes qui, après une explosion, ne sentent pas qu’elles ont perdu un bras ou une jambe. La souffrance vient quand on va mieux, avec le recul, avec le temps, quand on commence à se représenter ce qui nous est arrivé ; alors, on a peur, on a mal, on s’indigne, on souffre. Paradoxalement, la souffrance est un signe de retour à la vie.

Dans le trauma, je ne sais plus qui je suis. Alors que dans l’épreuve, je souffre mais je reste moi-même : j’ai été collé à un examen, j’ai perdu un emploi, elle m’a quitté, je ne dors pas, je suis en colère… À la fin de leur vie, 100 % des gens auront connu des épreuves. Mais 50 % auront connu un trauma.


Quels sont les facteurs qui, dans l’enfance, favorisent ce rebondissement de la résilience ? 

On en repère trois principaux : le tempérament de l’enfant ; le milieu affectif dans lequel il baigne dans ses premières années ; un environnement qui le soutient ou non. Le climat familial joue beaucoup : des parents qui s’entendent bien, une mère épanouie qui peut s’appuyer sur la présence du père, qui est épaulée par son entourage… Cela va créer un attachement sécurisant qui va permettre au petit de construire un début de personnalité.

Certes, le triangle bébé-papa-maman semble le meilleur schéma possible, mais le fait de perdre sa maman petit ne condamne pas forcément au malheur pour la vie entière si l’on trouve des figures d’attachement de substitution : grands-parents, nounous… Je ne cesse de protester contre ce slogan fataliste qui veut que tout se joue avant 3 ans, et qui prétend qu’une enfance malheureuse crée forcément un destin malheureux. C’est archifaux !


Il vaut quand même mieux protéger les enfants… 

Si on maltraite un enfant, non seulement on le blesse pour la vie, mais on peut le tuer affectivement.
Pour autant, un enfant surprotégé n’est pas un enfant heureux, dans la mesure où il est privé de victoires. L’expérience l’a prouvé : dans une population privilégiée, ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont eu à affronter de petites épreuves, à se soumettre à des efforts.

Résoudre tous les problèmes de l’enfant, c’est le priver d’initiatives, donc de victoire et de toute fierté de lui-même. La capture affective peut être tout aussi grave que la carence.


Le regard des autres a une importance dans la résilience ?

Il faut deux coups pour faire un traumatisme. Le premier est la blessure réelle ; le second est la représentation que l’on s’en fait. Celle-ci est influencée par la manière dont les autres la considèrent : si c’est avec crainte, dégoût, pitié, effroi qu’ils écoutent votre histoire, la blessure risque d’être durablement transformée en traumatisme.

Si, au contraire, ce récit suscite la compassion ou l’admiration, les dégâts seront moins importants. Mais le regard de l’autre peut enfermer dans un carcan, dans une étiquette et donner une certaine direction à un destin.


Un divorce peut-il provoquer un traumatisme ? 

Le divorce ne provoque plus un trauma car il est rentré, hélas, dans une triste norme culturelle. Mais il crée une souffrance, un chagrin, une désorganisation qui peuvent modifier le développement des enfants.

Les garçons sont plus sensibles que les filles au divorce de leurs parents car ils ont besoin d’une structure affective stable autour d’eux pour pouvoir se développer.

Les filles quant à elles paraissent moins souffrir, car elles s’identifient davantage à leur mère, ce qui les protège. Je crois que la domestication est un facteur de protection : « Papa est parti, se dit la fille. Mais ma chambre est là, je suis maîtresse chez moi, je me fais mon nid, je me sécurise en marquant mon empreinte ». Cette protection maternelle offre une sorte de lune de miel dans un premier temps. Celle-ci va exploser à l’adolescence : les filles vont entrer en conflit avec leur mère car c’est le seul moyen qu’elles trouvent de la quitter puisqu’il n’y a plus de père.


Il n’y a plus de pères… ? 

Ce n’est pas très original de dire que beaucoup d’hommes ne se sentent plus pères aujourd’hui et sont en grande difficulté, fragilisés ou carrément démissionnaires. Dans une famille affaiblie, où les rôles ont changé, ils ne perçoivent plus clairement leur place.

Dans les générations précédentes, les hommes entraient dans la mine à 12 ans en sachant qu’il y avait de grandes chances qu’ils meurent de silicose quarante ans plus tard. Mais ils assumaient ce sacrifice parce qu’ils se sentaient investis de la charge paternelle. Aujourd’hui, l’idée de se sacrifier pour ses enfants n’est plus communément admise.

Dans la famille moderne, le père est symboliquement absent et pratiquement transparent. Les mères ont donc, sans forcément le vouloir, capté le monopole des images identificatrices et de l’affectivité.

La solitude des mères aujourd’hui – qu’elles vivent seules ou en couple – me paraît lourde de conséquences. Elles portent tout parce que les pères ont été disqualifiés. Et cela donne des gamins qui connaissent mieux la biographie de Zidane que celle de leur papa. Qui ne savent rien de son métier, de son rôle social, ni de l’histoire familiale. Cette déparentalisation des pères et ce surinvestissement des mères peuvent expliquer un certain nombre de troubles comportementaux que l’on voit se multiplier actuellement.


Peut-on construire un couple durable sans en avoir reçu une image ?

On a toujours une image de couple durable. Ne serait-ce que celle proposée dans certains films, ou par le couple des voisins, ou par les parents d’un copain qui forment un couple merveilleux – ce qui ne veut pas dire un couple parfait. Car seuls les orphelins ont des parents parfaits. Comme ils sont morts, ils ne font pas de bêtises, ils ne sont jamais fatigués, jamais injustes… Alors que les parents vivants, eux, se trompent, sont fatigués, sont injustes, puisqu’ils sont réels !


Deux personnes, avec leur passé, leur sexe, leurs blessures, leurs différences, qui parviennent à s’accorder, c’est étonnant ? 

Tout à fait. Comme quoi, cela correspond à un besoin profondément humain. Et je suis très étonné de constater que des personnes aussi différentes parviennent à créer une conjugaison intime qui crée une personnalité de couple dont le plus souvent ils n’ont pas conscience.

Mais vous savez, on ne tombe pas amoureux par hasard. On est attiré vers l’autre par des signaux préverbaux – un regard, des gestes, une voix… –, une manière d’être qui nous touche intimement. Notre propre style affectif, c’est-à-dire la façon dont nous avons été aimés, nous rend sensibles à certains indices véhiculés par le corps de l’autre. Je vais tomber amoureux de celui ou de celle qui réveille des traces de mon passé et provoque mon besoin de les retrouver.


Il y a ainsi des styles de couple différents ? 

On peut en reconnaître un certain nombre en observant leur mode de communication. Le couple « sécure », par exemple – on s’aime en se respectant, sans s’emprisonner – où l’on s’écoute, où les tours de parole sont harmonisés. Le couple « insécure » où chacun n’est préoccupé que de sa propre blessure et veut le faire savoir : on se coupe la parole, on la prend de force, on se plaint que l’autre n’écoute pas…

Il y a aussi les couples « évitants » où l’on se protège, où chacun est sur ses gardes. Cela donne des phrases courtes, des silences, des corps raides, des mouvements limités. Et il y a bien d’autres conjugaisons affectives.


Peut-on dire qu’on construit son couple dès l’enfance ? 

On se présente dans la vie de couple comme on voudrait être, mais on s’engage avec ce qu’on est. Et d’abord avec une certaine image de soi, acquise dans les premières années de la vie.

Prenez l’exemple de Marilyn Monroe. Cette femme superbe avait une image d’elle-même totalement négative à cause d’une enfance privée d’affection. Sa mère, malade mentale, étant hospitalisée, la petite Marilyn avait été placée dans plusieurs institutions : elle n’a pu connaître de stabilité affective. Elle a grandi en se répétant « personne ne m’aime », et plus tard elle a cru que « jamais un homme ne pourra m’aimer ».

Cette représentation négative d’elle-même a « organisé » toutes les rencontres masculines de sa vie : elles seront toutes moches, à une exception près. Tous les « hommes » de Marylin l’exploiteront sexuellement, affectivement, financièrement, intellectuellement, et la « massacreront » – sauf un, le plus « limite » d’entre eux, Joe Di Maggio, le joueur de base-ball, qui l’a respectée et aidée. Elle se considérait comme une fille sans valeur, elle s’est laissée prendre comme une proie…


Cette stabilité affective dont a besoin l’enfant n’est-elle pas menacée par les séparations conjugales ? 

On constate que les enfants de divorcés font des études moins longues et répètent le divorce plus souvent que les enfants de personnes non divorcées. Il y a donc un modèle parental qui passe à travers les générations.

Ceci dit, il faut renoncer aux explications de causalité linéaire. Il y a trop de variables autour du divorce pour affirmer qu’il provoque nécessairement des troubles. J’ai des petits patients qui vont beaucoup mieux depuis le divorce de leurs parents !

Le divorce ne provoque pas de troubles graves si, avant qu’il survienne, les parents se sont aimés et ont créé une stabilité, et si après la séparation, l’enfant retrouve une famille stable. Oui, le divorce provoque des troubles si les parents se sont déchirés, et surtout s’ils se sont maltraités devant l’enfant. Ça, c’est un modèle terrible : ça abîme l’enfant, même s’il n’y a pas de séparation. Les adolescents qui se suicident ont souvent eu des parents qui se sont battus devant eux.

 

Les adolescents aujourd’hui sont « largués », répétez-vous souvent. Que voulez-vous dire ?

Il y a encore peu de temps, l’adolescence existait à peine. À l’âge de 20 ans, toutes mes copines d’enfance étaient mariées et avaient deux enfants ; les garçons étaient menuisiers, paysans, ouvriers, et travaillaient dans la dignité. Aujourd’hui, j’ai des patients de cet âge qui se qualifient de « sous-m… » parce qu’ils ont été collés aux concours des grandes écoles. Moi, je considère qu’il n’y a aucune honte à être collé à une grande école et qu’on peut réussir des choses passionnantes sans de tels passeports. Ce n’est pas leur opinion.

Il n’y a pas d’adolescence dans les sociétés sans technologie, parce qu’il faut qu’une fille porte des enfants et qu’un garçon travaille. Alors, il y a moins de troubles du développement, mais les personnalités s’arrêtent. Quand une fille de 20 ans a deux enfants, même si elle a une personnalité très forte, les urgences du quotidien l’empêchent de l’exprimer. De même pour un garçon, lorsqu’il doit travailler au chantier douze heures par jour puis rentrer chez lui à pied parce qu’il est pauvre. Il n’a pas le temps de lire, ni d’étudier. La société est stable, mais la personnalité en prend un coup.


L'existence de l'adolescence est un signe de progrès social ?

Le signe, en effet, d'un développement plus épanoui des personnalités, mais aussi une période de conflit douloureux.

J'appelle l'adolescence le « continent flottant » : un énorme continent social, de 14 millions d'individus en France, qui flotte pendant dix, quinze ans. Comme un bateau qui a largué ses amarres et sa voile, vous allez dépendre du vent et des courants très puissants des déterminants sociaux dans un monde en pleine déstructuration. Selon les lieux, les milieux, les cultures familiales, vous aurez un développement intéressant ou une évolution fortement compromise.

Les adolescents d'aujourd'hui sont largués parce que notre culture est la première à ne pas leur offrir de rites d'accueil et de circuits d'intégration. Cela veut dire qu'ils sont seuls : ils dépendent donc du quartier, de la bande, de la secte, des partis extrémistes… Ils sont « prenables ».


C'est ce qui explique la montée de la violence chez les jeunes ?

La violence infantile n'a rien d'étonnant pour un psychologue. L'enfant n'est ni bon ni mauvais par nature. Mais son absence d'empathie est atténuée lorsque les enfants ont une structure familiale et ont intégré la culture parentale.

Quand la famille est déritualisée, lorsque manquent la culture et les mythes qui vont donner un sens au monde perçu, les enfants recréent une culture violente. Ils vivent dans un monde de persécution et tout ce qui est étranger devient le persécuteur à détruire. C'est ce que l'on voit dans les bandes de Los Angeles, de Lima, mais aussi de la région de Toulon où je vis : ils retrouvent les rituels archaïques du clan, avec la haine du différent.


Il n'y a plus dans notre société les traumatismes de la guerre. Y a-t-il de nouvelles blessures ?

Il n'y a plus de trauma de la guerre en France, mais il y a eu ceux du terrorisme. Il y a également le trauma de l'inceste, lié à mon avis à la déparentalisation et à un trouble du développement affectif : beaucoup d'hommes ne se sentent plus pères et ne voient plus leur fille comme leur enfant.

Les nouveaux traumatismes sont, selon moi, ceux de la négligence affective. Sous l'effet des progrès technologiques et dans une société qui privilégie l'intellectualisation, les enfants sont affectivement négligés et beaucoup moins sécurisés. Anna Freud disait : « Les enfants ne s'attachent pas mieux aux parents qui ont le plus de diplômes ». Les enfants s'attachent à qui parle, qui joue, qui les nourrit, qui les gronde. Donc, les enfants aujourd'hui ne s'attachent plus à leur mère, absente, mais à la femme de ménage, à la nounou, ou au jardinier. C'est celui qui a le moins de diplômes qui provoque l'attachement !


Les parents seraient moins « sécurisants » que par le passé ?

Les hommes et les femmes font aujourd'hui des progrès individuels incontestables, mais ils n'ont plus cet effet sécurisant qu'offrait le grand-père qui apprenait à pêcher, ou la maman qui apprenait à faire une tarte. Or, c'est très important de savoir faire une tarte, parce qu'on la partage ensuite. On fait une tarte « pour » : pour l'offrir dimanche quand grand-mère viendra, pour la partager avec les voisins…


Travailler « pour », vivre « pour » : c'est la question du sens ?


Exactement. Dans notre société, le sens est pulvérisé. Notre culture de la consommation et l'accélération du temps n'offrent plus la durée qui permet de donner sens. Or, si nous ne sommes pas capables de redonner du sens au monde, nous redeviendrons soumis aux choses et à nos pulsions.

Pour qu'une existence prenne sens, elle doit s'inscrire dans une histoire. Je vais me retourner sur mon passé, voir qui j'ai été, mes points forts, mes points faibles, mes hontes, mes fiertés… J'utilise le passé pour bâtir un projet d'avenir. On ne peut donner sens que s'il y a une histoire et un rêve. Or, dans notre culture, on connaît de moins en moins l'Histoire. On est happé par la consommation immédiate – c'est la jouissance instantanée du « flash » du drogué, sans avant, sans après. Or, il est impossible de jouir sans arrêt. Toute saveur qui se prolonge provoque l'indifférence, puis le dégoût et même la souffrance. Une vie consacrée au plaisir nous fait tomber dans le désespoir aussi sûrement qu'une vie sans plaisir.


Cela explique pourquoi tant de couples se séparent ?

Sans doute. J'ai beaucoup travaillé au Moyen-Orient, notamment au Liban. En temps de guerre et de misère, le couple est indestructible, car c'est une question de survie : l'homme a besoin de la femme, et réciproquement. Ce qui n'est pas le cas dans nos sociétés organisées.

C'est le sens qui unit un couple et métamorphose les choses. Or, nos victoires techniques viennent d'inventer le « bonhomme instant » : l'homme fulgurant qui aime l'urgence parce qu'elle le pousse à l'acte en lui évitant de penser. Cela donne des couples centrés sur la jouissance qui se désolidarisent très tôt en ne transmettant rien à leurs enfants.

Pour durer, un couple doit avoir un « mythe fondateur » : il s'unit et s'attache « pour ». On peut se marier très pauvres et rêver de travailler afin d'acheter un jour une maison qui hébergera cinq enfants et trois chiens ; ou courir ensemble le monde à bord d'un bateau ; ou être éducateurs de rue dans une banlieue défavorisée… Un couple ne dure et ne tient que s'il a une cathédrale à bâtir dans la tête. Actuellement, la culture, en privilégiant l'immédiat et la vacance, ne favorise pas cette construction.


La famille, le couple, aident-ils à la résilience ?

Des cultures facilitent la résilience, d'autres non. Des travaux de l'Organisation mondiale de la santé montrent que plus les conditions d'existence s'améliorent objectivement, plus les familles se désolidarisent.

Certaines familles encouragent la résilience, d'autres non. On voit des familles empêcher une femme violée de devenir résiliente. Alors que d'autres l'aideront à se remettre en l'entourant, sans fausse pitié, en lui rendant sa valeur et sa place.

De même, certains couples agrandissent les blessures au lieu de les recoudre. Et d'autres s'appuient sur ce qu'il y a de plus constructif en eux pour recommencer à construire en dépit des blessures. Et ils se donnent beaucoup de mal pour gagner ce dont ils ont manqué.

J'ai connu un couple qui s'était rencontré à Auschwitz. Ils étaient adolescents tous les deux. Ils se sont protégés mutuellement, ils ont ainsi réussi à survivre. Quand ils ont été libérés, ils ont continué à s'entraider. Ils ont aujourd'hui entre 80 et 90 ans, et sont inséparables. Ils se comprennent, se soutiennent, s'écoutent avec attention et délicatesse. Quand l'un mourra, l'autre suivra probablement assez vite. Ils se sont aimés toute leur vie…


La crise de couple peut-elle être féconde ?

La crise fait partie du couple et permet l'évolution : à chaque crise, il y a un réaménagement possible qui fait que le couple peut apprendre à s'aimer autrement. Mais il peut être très difficile de gouverner une crise…

Supposons par exemple que, du fait de mon histoire, j'ai un grand besoin de sécurité affective. Si j'aperçois mon conjoint regarder une autre femme, cela va prendre pour moi une importance démesurée. Et je vais lui faire une scène violente. Ce ne sera plus une crise mais un conflit – et sans résolution possible, car je lui reproche quelque chose qui est au fond de moi et dont je n'ai pas conscience.

Autre hypothèse : nous nous sommes mariés pour nous entraider car nous étions tous les deux malheureux. Je me suis senti bien avec elle pendant dix ans, et maintenant je me sens moins bien : elle m'a donc trahi ! Si je me sens mal, c'est que l'autre qui ne fait plus son boulot de thérapeute.

À l'inverse : on s'est mariés pour s'entraider et mon conjoint va bien ! Que fait-on ensemble puisqu'il n'a plus besoin de moi ?


Un couple peut espérer surmonter de telles crises ?

On voit des personnalités de couples se chamailler sans arrêt mais ne pas pouvoir se séparer, ou être fidèles en apparence et se détester en silence.

Mais heureusement, il y a aussi des couples en crise qui apprennent à négocier, à « gérer la crise », à réaménager leur entente. Des couples qui souffraient à leurs débuts et qui s'apprennent mutuellement à évoluer vers une belle maturité adulte.


Quel est, selon vous, le secret du bonheur d'un couple ?

Croire qu'on peut être heureux ensemble, et le vouloir. Déjà, le simple fait d'y croire permet d'y travailler et donc de créer des situations de bonheur, des rituels, des rencontres, des complicités, des routines, des intimités, etc. Sans parler des enfants ! Reste à vouloir croire à ce bonheur ensemble dans la tempête…

 

Famille Chrétienne - 08/01/2005 - Par Luc Adrian

 

Né en 1937 à Bordeaux, Boris Cyrulnik est neurologue, psychiatre et éthologue (spécialiste de l'observation des animaux dans leur milieu naturel). Directeur d'enseignement à l'université de Toulon, auteur de dix-sept livres dont quatre consacrés à la résilience (éd. Odile Jacob), il est marié et père de deux enfants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les secrets du couple qui dure :

Une fois passé le coup de foudre, les conjoints doivent faire face à la réalité quotidienne de l'autre pour poursuivre leur relation.

Lire l'article.

 

 

Le secret des couples qui durent ... !

 

Un  livre écrit par Emmanuelle de Boysson.

Presses de la Renaissance


Pendant leur préparation au mariage, la personne chargée de les accompagner a inévitablement demandé à un jeune couple s’ils envisageaient bien de vivre encore ensemble jusque dans leurs vieux jours.

 

- "Vous avez bien conscience que  la solution de facilité n’est pas possible, et qu’il vous faudra trouver des solutions pour sortir des tensions ou des crises auxquelles vous serez confrontés !

Un couple qui dit ne jamais s'accrocher n'a pas de vie de couple !

 

Vous repenserez alors à l’instrument que vos amis mariés présents penseront sûrement à vous offrir car tous les couples devraient avoir ce cadeau dans leur corbeille de mariage :

 

un arrosoir ! ...

 

... afin d’arroser quotidiennement au pied votre amour, comme on le fait pour une plante verte qui a besoin d’arrosages réguliers pour vivre et s’épanouir.

 

Pas uniquement un arrosage en cas de conflits, ça c’est réservé aux pompiers, mais un arrosage régulier fait d’affection, de douceur, de pardons ... qui sont des cadeaux de tous les jours, et qui ne reviennent pas forcément cher … !"

 

Témoignage envoyé par un de nos visiteurs, chargé de préparation au mariage. Merci à lui.

Chagall - Cantique

L’amour conjugal est consentement

 

En vous mariant aujourd’hui, vous faites un acte de foi.

Tobie et Sara, par la prière, mettent leur union sous le regard de Dieu, sous sa protection [...] 

En vous engageant dans le sacrement du mariage, vous manifestez que l’amour de Dieu non seulement ne vous est pas indifférent, mais qu’il est la source de votre amour.

 

Dieu [...] nous a créés capables d’aimer.

 

« Nous ne pouvons pas nous unir comme des païens qui ne connaissent pas Dieu » dit Tobie à Sara. Votre engagement conjugal s’appuie sur la foi de l’Eglise, sur votre foi chrétienne.

En fait, l'amour est bien plus difficile à vivre qu'on ne le pense. Combien de couples séparés aujourd'hui ? [...]

C’est pourquoi, demeurer dans l’amour [...], c’est se tourner vers [Dieu], la source de tout amour :

 

« Ils se levèrent tous les deux et se mirent à prier ensemble avec ferveur. Ils demandaient à Dieu sa protection ».

Tobie et Sara nous rappellent qu’il n’y a pas d’amour sans prière.

"Oui"

Il ne s’agit pas simplement de se dire « oui pour toujours », bien plus, il s’agit de se redire chaque jour le « oui » d’aujourd’hui.

C’est ce que chacun est invité à vivre tous les jours.

 

"Pardon"

Tobie et Sara nous rappellent qu’il n’y a pas d’amour sans pardon.

Ayons donc cette culture du pardon, c’est-à-dire de l’acceptation de ses propres faiblesses ainsi que de celles de l’autre, et le dépassement de celles-ci [...]

 

Vous allez échanger vos consentements : [...] vous acceptez chacun de consentir à l’autre, c’est-à-dire de l’aimer tel qu’il est et non tel qu’on souhaite qu’il soit, c’est se sentir pauvre devant lui (ou elle).

...

De quel amour s’agit-il ?

Il ne s’agit pas d’abord de sentiments

mais de consentements.

 

Le sentiment est subi, le consentement est choisi.

 

On tombe amoureux, mais on choisit d'aimer. 

 

En vous mariant l’un à l’autre, vous passez du sentiment amoureux à la volonté de vous aimer tous les jours de la vie.

 

D'amoureux, vous devenez aimant.

 

Ensuite, écoutons une nouvelle fois Tobie :

 

« Si j’épouse cette fille d’Israël, ce n’est pas pour satisfaire mes passions, mais seulement par désir de fonder une famille ».

Satisfaire ses passions, c’est réduire l’amour à l’amour eros, l’amour possession : « Je te prends comme époux ».

 

Tobie refuse l’amour égoïste = je me marie à toi pour aimer être aimé.

« Fonder une famille », c’est l’amour qui refuse l’enfermement sur soi, et même l’enfermement du couple en lui-même, comme un égoïsme à deux, c’est l’amour qui s’ouvre à la vie.

 

Le couple ne se regarde plus lui-même, mais se tourne vers un autre regard, celui d’un petit enfant, fruit de leur amour.

C'est donc, dans le mariage, participer à l’acte créateur de Dieu (procréation).

Donner la vie, oui. Bien plus encore, il s’agit de :

donner sa vie pour l’autre,

de se donner soi-même à l’autre.

 

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », dit Jésus; combien plus dans un couple !

 

C’est l’amour agapè, l’amour inconditionnel, qui n’est que don

« Puissions-nous vivre et heureux

jusqu’à notre vieillesse tous les deux ensemble ».

 

d'après : Les homélies du Père Louis

 

Le site où l'on peut

trouver des raisons

d'y croire ...


et des témoignages

qui le confirment !

Est-ce que l'Amour s'impose ?
Est-ce que l'Amour peut contraindre ?
Menacer ? Ou punir ? 
Non !

L'Amour ne peut que s'offrir,
l'Amour ne peut qu'attendre.

Et si l'Amour échoue, et qu'il continue à être l'Amour,
il ne peut que mourir pour celui qui refuse d'aimer.

 

Maurice Zundel

Nous faisons un grand pas 

sur la voie 

du véritable amour 

le jour où nous acceptons 

de n'être plus Dieu 

pour l'être aimé 

et où nous lui pardonnons 

de n'être pas Dieu 

pour nous.

Il reste alors,

au lieu de deux idolâtres,

l'union de deux pauvretés 

et de deux prières. 

Gustave Thibon

philosophe

"Aimer,

c'est tout donner,

et se donner

soi-même"

 

Thérèse Martin

Ce site a été créé

pour être un lieu

où l'on parle d'amour.

 

Mais pas de n'importe quel amour !

 

Celui dont tu rêves, dont je rêve,

dont tout être humain rêve,

parfois sans le savoir.

 

L'amour vrai, l'amour qui dure,

l'amour qui apporte le bonheur.

 

 

L'amour, tout le monde en parle.

L'amour est dans la vie de tous les jours.

L'amour est partout, dans le monde entier.

L'amour ... 

 

Que mettons-nous sous ce mot ?

A-t-il le même sens pour moi, pour toi,

pour ton ami (e),

pour d'autres encore ?

 

 

Ce site n'a pas la prétention de tout dire,

ni de détenir la vérité.

 

Mais il a pour objectif

de mettre en lumière la beauté de l'amour,

et d'apporter quelques réponses

à ceux qui se posent des questions

et qui aimeraient avoir parfois

des réponses différentes

de ce qu'on entend partout.

 

Si tu souhaites apporter un commentaire,

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sois remercié(e) par avance

de le faire avec respect et gentillesse,

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